Confrontées au dérèglement climatique, à la pression foncière et à la hausse du coût des intrants, les exploitations agricoles familiales sénégalaises voient leur survie menacée. Réuni depuis hier en forum pour deux jours, l’Ong Action solidaire internationale (Asi) appelle à une concertation urgente et à des mesures concrètes pour bâtir une transition alimentaire juste et résiliente.

Par Amadou MBODJI – Au Sénégal, assurer le repas quotidien devient une épreuve pour un nombre croissant de familles agricoles. Entre inondations récurrentes, dégradation continue des sols, spéculation foncière et flambée des prix des intrants, les exploitations familiales -socle indispensable du système alimentaire national- plient sous le poids des crises. «Les systèmes alimentaires subissent de plein fouet les changements climatiques. Ces perturbations remettent en cause tous nos acquis en matière de sécurité alimentaire», a déploré hier Malick Ndom, vice-président du Conseil d’administration d’Action solidaire internationale (Asi), à l’ouverture d’un forum de deux jours consacré à la transition juste des systèmes alimentaires.

Alertant sur l’impact global subissant l’ensemble de la chaîne -de la parcelle au marché-, il a rappelé l’injustice de la situation : «Nous polluons moins, mais nous subissons le plus.» A l’aléa climatique, s’ajoute une pression foncière asphyxiante. Les difficultés croissantes d’accès à la terre et le phénomène d’accaparement réduisent les capacités de production des ménages ruraux. Cette précarité accroît leur dépendance vis-à-vis de marchés volatils et amplifie les risques de pénurie.

Réaliser une transition juste et concertée

Face à cette urgence, Asi préconise une alliance solide entre exploitations familiales, agriculteurs, éleveurs et pêcheurs. L’organisation insiste sur la nécessité de valoriser les savoir-faire traditionnels d’adaptation tout en garantissant un accès sécurisé aux moyens de production.

Pour l’Ong, la réponse réside dans un dialogue multi-acteurs associant producteurs, Société civile et pouvoirs publics. L’ambition de ce forum est d’aboutir à une feuille de route assortie de recommandations pragmatiques à l’attention des autorités.

Pour garantir la souveraineté alimentaire durable du Sénégal, trois chantiers prioritaires s’imposent : sécuriser les terres agricoles, soutenir massivement les petites exploitations et financer l’adaptation climatique.

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