En désaccord avec l’appel du G7 à observer une grève de 72 heures du 21 au 23 octobre, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique (Sels/A) a décidé de boycotter le mouvement. Réuni ce mardi à Rufisque, le Secrétariat permanent du syndicat juge ce débrayage inopportun au vu du démarrage chaotique de l’année scolaire et incohérent par rapport aux revendications de la profession.

Par Alioune Badara NDIAYE – Trouvant le moment mal choisi et le protocole d’accord liant les enseignants à l’Etat inadéquat, le Sels/A a décidé de ne pas s’associer au mot d’ordre de grève de 72 heures (21 au 23 octobre) dans les écoles sur appel du G7. C’est la décision prise par le Secrétariat permanent du syndicat à l’issue d’une rencontre tenue mardi à son siège à Rufisque. «Nous entamons à peine la deuxième semaine de l’année scolaire. Dans plusieurs établissements, les cours n’ont pas encore effectivement démarré, faute d’enseignants, de tables-bancs ou en raison de la non-mise en place d’abris provisoires. A Dakar, Kaolack… certaines écoles restent fermées à cause des inondations. Décréter une grève de 72 heures à cet instant précis est inopportun et préjudiciable», a indiqué Pape Mbaye Marie Sylla, Secrétaire général du Sels/A.

Il a encore posé la cohérence syndicale comme autre argument motivant le choix du syndicat de ne pas participer au mouvement s’inscrivant dans le cadre de la grève générale portée par le Front syndical pour la défense du travail. «Ce protocole ignore les revendications essentielles des enseignants, les confinant dans des perspectives vagues et sans échéancier précis. Pour notre organisation, signer ce protocole équivalait à trahir les enseignants après 4 mois d’âpres luttes. N’ayant pas approuvé sa signature, le Sels/ A ne peut pas, par souci de logique et de cohérence, fermer aujourd’hui les salles de classe pour exiger le respect d’un texte qu’il a combattu», a posé M. Sylla, ne manquant pas de rappeler la philosophie du syndicat. «Le Sels /A reste un syndicat de lutte, mais une lutte responsable et cohérente», a-t-il posé, tout en appelant le gouvernement à l’ouverture d’un dialogue sincère et inclusif autour des vraies revendications.

Celles-ci ont pour noms, selon lui, revalorisation de la pension de retraite des enseignants décisionnaires, gestion rigoureuse des carrières, diligence des actes des enseignants décisionnaires, relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans et correction définitive des iniquités salariales.

[email protected]