Le ministère de la Justice et les organisations de la Société civile renforcent leurs liens. Instituée par arrêté le 1er octobre 2026, la première édition de la Journée annuelle de dialogue s’est tenue hier à Dakar. L’occasion pour le Garde des sceaux, Me Moussa Sarr, de réaffirmer sa volonté d’ancrer la concertation dans la durée, et pour la Société civile de saluer une avancée démocratique majeure.

Par Justin GOMIS – Le ministre de la Justice noue durablement le fil du dialogue avec les organisations de la Société civile. Après l’avoir instituée par un arrêté pris le 1er octobre 2026, il a procédé hier au lancement officiel de la première édition de la Journée annuelle de dialogue entre le ministère de la Justice et les acteurs de la Société civile. Dès l’entame de son propos, Me Moussa Sarr a affirmé son intention d’inscrire cette démarche dans la continuité. «J’entends en faire un rendez-vous durable», a-t-il promis, précisant que «cette volonté procède de la conviction que les politiques de droits humains et de bonne gouvernance gagnent en justesse lorsqu’elles s’élaborent et s’évaluent avec ceux qui en mesurent au quotidien les effets».

Pour le Garde des sceaux, il ne suffit pas seulement de proclamer des droits, il faut également les rendre effectifs dans la vie quotidienne de chaque citoyen. «Pour y parvenir, nous avons choisi la voie du dialogue», a-t-il indiqué. Un choix qu’il ne considère pas comme fortuit : «Le dialogue est au cœur de ce que nous sommes ; mieux, c’est notre identité. Avant d’être une méthode, il est chez nous une valeur, je dirais même une vertu. Nos anciens réglaient leurs différends sous l’arbre à palabres ; le «pénc» réunissait la communauté pour délibérer des affaires de tous ; le cousinage à plaisanterie apaise, aujourd’hui encore, les tensions entre familles et entre terroirs.» Le ministre a exprimé son souhait de perpétuer cet héritage «en érigeant le dialogue en méthode de gouvernance, afin de rechercher, avec tous les acteurs, des solutions aux questions qui engagent notre présent comme notre avenir commun». Me Moussa Sarr s’est dit convaincu «qu’il ne peut y avoir de démocratie majeure, ni d’Etat de Droit sanctuarisé, sans une Société civile forte». Il a, dans ce sens, rappelé le rôle déterminant joué par cette dernière dans la consolidation de la démocratie sénégalaise : «La Société civile sénégalaise a observé nos scrutins, défendu les libertés aux heures de doute et porté des avancées majeures, de la parité à la protection de l’enfance. Ce parcours montre que l’Etat et la Société civile ne se font pas face. Ils marchent ensemble et regardent dans la même direction, celle du bien commun.» L’avocat perçoit ainsi la Société civile comme un «éclaireur», un partenaire privilégié et indispensable, rappelant qu’«une démocratie mature ne craint pas le regard critique, elle en tire profit».

De son côté, la Société civile s’est félicitée de cette initiative. Pour Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, «cette journée donne un caractère institutionnel aux concertations entreprises avec les organisations de la Société civile depuis l’arrivée de Me Moussa Sarr à la tête de ce ministère». Il s’est dit très impatient de voir se concrétiser la rédaction et la mise en place de la Stratégie nationale des droits humains et du Droit international humanitaire dont l’arrêté portant création du comité technique de rédaction a été signé par le ministre. L’ensemble des acteurs de la Société civile présents ont salué la démarche du Garde des sceaux. «C’est la première fois qu’un ministre de la Justice sollicite la Société civile pour établir un fil de dialogue permanent. Nous l’en remercions vivement», a souligné Safiétou Diop, présidente du réseau «Siggil Jigéen».

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