A l’occasion du 15ᵉ anniversaire de la Convention n°189 de l’Organisation internationale du travail (Oit), Dakar abrite, depuis ce lundi, un forum régional réunissant douze pays francophones d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Maghreb. Bien que le Sénégal n’ait pas encore ratifié cette convention, la rencontre vise à harmoniser les pratiques pour une meilleure valorisation et une protection renforcée des droits des travailleurs domestiques.

Par Amadou MBODJI – Dakar est le point de ralliement des acteurs de la protection sociale et du droit du travail. Du 19 au 21 octobre, la capitale sénégalaise accueille un forum régional consacré à la promotion des droits et au renforcement de la protection des personnes employées dans le secteur du travail domestique. Placée sous le thème «Valoriser le travail domestique, sécuriser les droits», cette rencontre réunit des délégués gouvernementaux, des représentants patronaux, des syndicalistes et des acteurs de la Société civile venus de douze pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Maghreb (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo et Tunisie).

Un enjeu majeur de justice sociale

Quinze ans après l’adoption de la Convention n°189 de l’Oit, les travailleurs domestiques -constitués en grande majorité de femmes, de jeunes filles et de personnes migrantes- demeurent confrontés à une forte précarité, une faible reconnaissance professionnelle et des déficits de protection sociale.

Bien que le Sénégal n’ait pas encore ratifié ce texte international, le ministre de la Fonction publique, du travail et de la réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, qui présidait l’ouverture des travaux, a tenu à rappeler l’antériorité des engagements nationaux : «Notre pays a su très tôt prendre les devants à travers l’adoption de textes réglementaires dont l’arrêté du 23 janvier 1968. Ce texte fondamental n’a pas seulement fixé des salaires minima ; il a conféré un statut formel à ces acteurs en les soumettant au Code du travail et en leur garantissant l’accès aux droits fondamentaux : liberté syndicale, droit de grève, repos hebdomadaire et annuel, ou encore protection de la maternité.»

Feuille de route pour formaliser le secteur

Malgré les révisions successives de cet arrêté -dont la dernière remonte à 2025 pour revaloriser les salaires minima-, l’effectivité de ces droits sur le terrain reste un défi majeur. Pour y faire face, le ministre Dianté a tracé trois axes prioritaires : renforcer le contrôle et la protection effective des droits sur les lieux de travail ; intensifier la sensibilisation des employeurs et des travailleurs pour faire évoluer les mentalités et préciser les obligations de chacun ; et formaliser les relations de travail par des contrats écrits stipulant clairement les tâches, la rémunération, les horaires, les congés et l’affiliation à la couverture sociale.

Le ministre a insisté sur l’urgence d’ajuster les rémunérations en fonction du coût de la vie pour garantir un revenu décent. De son côté, la directrice du Bureau de l’Oit à Dakar, Mme Samira Daoud, a exhorté les pays participants à partager leurs réussites et contraintes afin de dégager des solutions partagées et pragmatiques en faveur d’une réelle valorisation des travailleuses domestiques.

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