L’accueil d’une importante délégation sénégalaise, lors de l’Africa Energy Week 2026 au Cap, aura été l’occasion pour l’ambassadrice Geneviève Faye Manel de rassurer sur la situation de la communauté sénégalaise et montrer le rôle économique de sa représentation diplomatique pour attirer investisseurs et entrepreneurs au Sénégal. La délégation sénégalaise à l’Aew 2026, conduite par le ministre de l’Energie, M. El Hadj Abdourahmane Diouf, aura pu s’appuyer sur une diplomate chevronnée, qui sait qu’en tant que représentante d’un pays qui veut compter dans le secteur énergétique en Afrique, elle se doit d’être «agressive» dans le bon sens. Au terme de longues journées de travaux, elle a pu confier ces mots au Quotidien.

Pouvez-vous revenir de façon générale sur la participation du Sénégal au Forum Africa Energy Week 2026 ?

Je voudrais commencer par dire que l’Africa Energy Week est une manifestation majeure. Le Sénégal, représenté ici par le ministre de l’Energie, M. El Hadji Abdourahmane Diouf, qui est venu avec une grande délégation du ministère, avec des directeurs généraux, des compagnies internationales, mais également une représentation du secteur privé local, est à sa place à ce rendez-vous. L’ambassade est là pour assurer le soutien, l’assistance, mais également pour participer aux rencontres. C’est pour pouvoir continuer après avec tout ce qui est activités de promotion, mais également d’attraction de tous les investisseurs sud-africains ou autres qui se rapprocheront de l’ambassade pour se rendre au Sénégal et participer à l’investissement. Dans le cadre des missions de l’ambassade, il y a ces aspects économique et d’attractivité du Sénégal.

Vous voyez donc cet événement comme une sorte de vitrine pour bien vendre le pays et attirer des gens dans le secteur des hydrocarbures ?

Tout à fait, l’ambassade a aussi un bureau économique qui est chargé de faire la promotion du Sénégal, d’abord ici en Afrique du Sud, mais également d’attirer des investisseurs qui doivent aller au Sénégal participer aux investissements dans notre pays, pour appuyer le développement. Je pense qu’aujourd’hui, le Sénégal, étant un pays qui se positionne en matière de pétrole et de gaz, l’ambassade se doit aussi d’être au service de ce secteur pour lui permettre d’attirer plus d’investisseurs. Cela, aussi bien en Afrique du Sud que dans cette sous-région. Pour rappel, l’ambassade couvre aussi les neuf pays de l’Afrique australe et nous intervenons dans tous les domaines pour permettre au Sénégal d’attirer plus d’investisseurs, parce que le développement attend.

Vous avez précisé que l’ambassade couvre toute l’Afrique australe. On sait que c’est une région où les gens ont une sacrée expérience minière et énergétique, notamment en Afrique du Sud. Est-ce que votre bureau économique suggère des orientations aux entreprises de ce pays ou aux entrepreneurs du Sénégal pour essayer de faire des connexions entre les deux zones ?

A ce sujet, je voudrais peut-être donner une information. Nous sommes en train de préparer un grand forum économique sur le Sénégal, qui devait se tenir ce mois d’octobre, mais malheureusement, avec les événements qu’il y a ici, on a été obligés de reporter pour l’année prochaine. Nous travaillons beaucoup avec l’Apix, mais également la Direction de la coopération qui est une entité du ministère dédiée à la promotion de tous les pays qui sont représentés ici. Il faut dire que l’Afrique du Sud est une grande capitale diplomatique. Nous sommes 192 ambassades présentes ici et ça permet d’avoir une certaine visibilité pour le Sénégal au niveau de l’Afrique australe, mais également au niveau de toute l’Afrique. Nous travaillons beaucoup dans ce domaine avec les autres ambassades, pour voir ce que le Sénégal peut offrir et aussi ce que les autres pays peuvent lui offrir.

Donc ce forum, nous le préparons bien avec l’Apix et nous espérons que l’année prochaine, il pourra se tenir. Ce sera la continuité de ce rendez-vous de l’Africa Energy Week (Aew), auquel le Sénégal participe vraiment de façon très importante avec une grande délégation, un grand pavillon.

Ce sera pour nous le moyen d’assurer le travail que nous a confié le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui veut que nous soyons vraiment efficaces d’abord, mais très agressifs, comme il aime le dire, avec le secteur privé.

On voit qu’ici en Afrique du Sud, les Sénégalais sont assez appréciés dans leur conduite, dans leur façon de se gérer et de vivre avec la communauté d’accueil. Vous, en tant qu’ambassadrice, que l’on peut se risquer à qualifier de mère ou matriarche de cette communauté de nos concitoyens, est-ce que vous partagez ce sentiment, et qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

Je pense qu’ici, nous sommes une grande communauté de Sénégalais. Je me mets dedans parce que je suis Sénégalaise. Nous sommes à peu près 6000 Sénégalais vivant en Afrique australe, pas seulement en Afrique du Sud, mais également au Mozambique. Des compatriotes sont ainsi dans le secteur de l’orpaillage et vivent là-bas depuis plusieurs années. Toute cette communauté a besoin d’être appuyée et encadrée, je ne dirais pas surveillée. Elle se doit d’être accompagnée, assistée. Et aujourd’hui, je pense que plus que jamais, avec tout ce qui se passe dans la zone, l’ambassade se fait le devoir d’aider les Sénégalais, de leur venir en appui tout le temps, de les accompagner, parce qu’ils peuvent avoir des projets pour aller au Sénégal, pour investir, mais surtout maintenir le lien entre cette communauté et le Sénégal. Il y en a beaucoup qui sont venus ici depuis plus d’une vingtaine d’années, qui vivent ici, qui ont des familles sud-africaines, mais il s’agit maintenant de continuer à avoir ce lien. L’ambassade a créé, dès mon arrivée, une fédération des Sénégalais qui regroupe toutes les associations de toutes obédiences. Nous avons des dahiras, la communauté catholique, mais aussi les étudiants et les cadres. Nous avons essayé de les fédérer, pour les organiser au mieux. Je pense que la réputation des Sénégalais date de longtemps. Les autorités sud-africaines nous disent toujours que c’est une communauté qui est très calme et très croyante. Ils sont toujours dans les dahiras et font des activités religieuses. Par exemple, comme anecdote, je peux vous dire qu’il n’y a qu’un seul Sénégalais qui est emprisonné ici dans ce pays, sur les 6000 identifiés auprès de l’ambassade. C’est un chiffre qui parle et ça permet à la communauté qui est ici de pouvoir se valoriser, mais également de s’intégrer. Ce n’est pas facile ici, surtout avec tout ce qui se passe dans ce pays.

Je vous donne tous rendez-vous pour le grand forum du Sénégal, ici en Afrique du Sud en 2027. Nous espérons que ça va se tenir pour mieux présenter et vendre notre Sénégal.