Le Fongip a lancé, ce mardi, un Pacte national pour le financement des femmes entrepreneures. Banques et microfinance y sont associées. Il court sur trois ans et couvre toutes les régions. Les femmes ne captent que 14, 3% des crédits garantis. C’est pour corriger ce fait.

Par Malick GAYE – Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) a donné le coup d’envoi du Pacte national pour l’accélération du financement des femmes entrepreneures. La cérémonie de signature a rassemblé autorités, banques, institutions de microfinance et partenaires techniques et financiers. Le texte s’inscrit dans la vision portée par le Président Bassirou Diomaye Faye, qui fait de l’inclusion économique des femmes un enjeu majeur.

Pour l’Administratrice générale du Fongip, Ndèye Fatou Mbodj Diattara, l’enjeu dépasse la seule finance. «Financer une femme entrepreneure n’est pas seulement financer une entreprise, c’est investir pour l’avenir de notre pays», a-t-elle déclaré. Elle a pointé les freins persistants : accès difficile au crédit, garanties insuffisantes, fonds propres faibles. Les chiffres traduisent l’écart à combler. Sur la période de son bilan, l’institution a garanti 3385 lignes de crédit pour 32, 1 milliards de francs Cfa. Les femmes en ont obtenu 571, soit près de 4, 3 milliards, donc 14, 3% du total.

Le pacte veut créer un cadre fédérateur entre acteurs publics, institutions financières et partenaires techniques. Il poursuit quatre objectifs : renforcer l’inclusion financière, bâtir un accompagnement financier et non financier intégré, améliorer la productivité et le partage de la valeur, réduire les inégalités d’accès aux ressources. Conclu pour trois ans avant évaluation, il cible micro-entrepreneures, Tpe et Ppe à fort potentiel, avec des résultats attendus à fin 2029.

Sa particularité tient à son architecture. Sept catégories de signataires s’engagent à trois niveaux : adhésion, engagements chiffrés, conventions. Six instruments sont mobilisés dont une garantie individuelle couvrant jusqu’à 80% d’un dossier et une garantie de portefeuille pour des financements allant jusqu’à 25 millions de francs Cfa. Cinq modules d’accompagnement, de l’éducation financière au mentorat, complètent le dispositif.

Les candidates suivront un parcours unique en six étapes, de l’information au suivi post-financement, jusqu’à la montée en gamme. Le suivi vise à limiter les créances en souffrance. La gouvernance reste légère : un comité de pilotage semestriel, un comité technique trimestriel et des points focaux dans les régions, adossés aux centres verts du Fongip. Aux entrepreneures, Ndèye Fatou Mbodj Diattara a lancé un appel : «Structurez vos projets, préparez vos dossiers et rapprochez-vous du Fongip.» «Nous ne pouvons pas encourager les femmes à entreprendre tout en les laissant seules face aux obstacles du financement», a-t-elle ajouté, promettant de juger le pacte sur ses résultats : plus de femmes financées, plus d’emplois créés.

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